Quel suivi médical ?

Comme pour tout autre problème de santé, il est fondamental d’entamer au plus vite un suivi médical spécialisé régulier.

Celui-ci se fait auprès d'un infectiologue dans un Centre de référence Sida. 
Le suivi médical spécialisé pour le VIH
Toute l’équipe du Centre de Référence est à votre disposition: l’infectiologue bien sûr, mais aussi les infirmières, les assistantes sociales, les psychologues ou les diététiciennes.

Certains Centres de référence proposent aussi des consultations avec un hépatologue pour le suivi des personnes co-infectées (par le VIH et une hépatite), et avec un gynécologue (notamment pour les suivis de grossesse des femmes séropositives).

Les Centres de Référence sont aussi à disposition des partenaires et de l’entourage des patients qui y sont suivis.

En quoi consiste-t-il ?

L’objectif de l’infectiologue est de contrôler l’évolution de l’infection et de vous éviter de développer des problèmes de santé liés au VIH[1].

Le médecin effectue un premier bilan pour évaluer d’éventuels dégâts immunitaires déjà causés par le VIH et déterminer par quel type de VIH vous avez été contaminé.

Ce premier bilan permet aussi de voir si vous avez contracté d’autres IST (ex.: hépatite B, syphilis) ou si vous présentez d’autres problèmes de santé dont il faut s’occuper.

Tous les 3 mois, l’infectiologue procèdera à un bilan sanguin qui permettra d'évaluer l’interaction de deux éléments:

- votre charge virale sanguine: à savoir, quelle quantité de virus retrouve-t-on dans votre sang ?

- et l’état de vos défenses immunitaires: à savoir quelle quantité de lymphocytes T4 (appelés aussi CD4), sorte de soldats naturels dont la mission est de vous protéger du VIH, comme de toute autre infection.

C’est la régularité des bilans immunitaires qui permet d’observer la dynamique de votre infection et de déterminer le moment opportun d’agir au moyen d’une thérapie anti-rétrovirale[2] : quand votre système immunitaire montrera des signes d’affaiblissement (baisse du taux de CD4) face à un virus qui prend de l’ampleur (entraînant une hausse de la charge virale).

Combien ça coûte ?

Avec une mutuelle

Certains patients craignent de ne pas pouvoir assurer le coup financier d’un suivi médical et des traitements anti-rétroviral éventuels.

Il est important de savoir qu’en matière de traitement, toute personne résidant en Belgique bénéficie gratuitement des traitements anti-rétroviraux.

Les consultations infirmières, psychologiques, sociales, diététiques sont gratuites pour chaque patient ayant signé une convention de suivi dans le Centre de Référence de son choix.

Par contre, le suivi médical et tous les actes techniques[3] sont payants et couverts par votre couverture de soins de santé habituelle (mutuelle, ou organisme assureur privé).

Pour ce qui est des médicaments autres qu’anti-rétroviraux, même pour un problème de santé directement lié au VIH, le mode de remboursement classique ne change pas: certains frais seront remboursés par votre mutuelle et d’autres pas.

Sans mutuelle

Toute personne résidant en Belgique bénéficie gratuitement des traitements anti-rétroviraux, même si elle ne bénéficie pas de couverture de soins de santé en règle.

Dans certains cas particuliers (pas de permis de séjour en règle et/ou pas de couverture de soins de santé en règle), un-e assistant-e social-e devra vous conseiller à propos des démarches nécessaires pour la consultation chez l’infectiologue et l’obtention des traitements anti-rétroviaux. N’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre centre hospitalier pour la moindre question administrative ou sociale.

L'importance du médecin généraliste

Surtout quand le diagnostic est récent, certaines personnes séropositives ont tendance à paniquer face au moindre petit pépin de santé et ont tendance à vouloir consulter leur infectiologue même quand ce n’est pas nécessaire. Pourtant, c’est au médecin généraliste de continuer à vous suivre pour tous vos autres (petits) problèmes de santé. Par définition le médecin traitant est plus accessible que tout autre spécialiste: RDV plus rapide, plus proche de votre domicile, connaissant bien votre dossier médical, etc.

Afin qu’il puisse bien vous suivre, il est fondamental d’informer votre médecin généraliste de votre diagnostic, si ce n’est pas lui qui a procédé à votre dépistage du VIH.

Si vous n’avez pas de médecin généraliste ou si vous préférez en changer, n’hésitez pas à vous faire conseiller un médecin généraliste qui a de l’expérience dans le domaine: les associations de prévention ou les centres hospitaliers spécialisés pourront vous aiguiller.


[1] Renvoi vers Infections opportunistes

[2] Renvoi vers Tri-thérapie

[3] C'est-à-dire les consultations médicales, les analyses de laboratoire, et les autres examens médicaux